Les portraits de l'engagement

Fernanda Leite

Qui êtes-vous ?

Je suis directrice du CCO depuis une vingtaine d’année. Dans une autre vie je suis née au Brésil où j’ai fait des études de théâtre. Entre autres, j’ai monté une compagnie avec laquelle je diffusais un art engagé lors d’une période compliquée de dictature au Brésil. À l’époque, on faisait des spectacles de rue pour raconter l’histoire cachée des lieux. On avait un tout autre public que celui des salles de spectacle. J’étais convaincue par la capacité de l’art à ouvrir les horizons et à toucher sensiblement les gens. J’ai pu sentir qu’avec cette compagnie on avait cette puissance-là face à la dictature. On pouvait faire évoluer les regards sur des situations qui semblaient immuables. Mon rapport à l’art vient de cette période-là. Je suis convaincue qu’il y a une énorme capacité d’agir dès lors que l’on touche à l’imaginaire.

Est-ce une spécificité de la culture brésilienne ?

Je ne sais pas, mais mon pays d’origine est en effet un marqueur de différence. Quand on vient d’un pays émergent, on n’attend pas que ça se passe. Tout est à faire. Grâce à ça, finalement, on développe l’esprit d’aller de l’avant et de construire ce qui est nécessaire pour faire changer les choses. On va chercher en nous les ressources nécessaires pour y parvenir. Les gens au Brésil savent qu’ils doivent se débrouiller.

Comment avez-vous rencontré le CCO ?

Je n’avais jamais été salariée auparavant. J’avais toujours été à mon compte et mobile. Mais en arrivant en France, je me suis installée en famille. Je trouvais que la vie sur les routes avec des enfants, ce n’était pas terrible. J’ai donc cherché un endroit stable où j’allais pouvoir m’investir tout en gardant cette sensation de liberté. C’est ce qui m’a profondément plu au CCO, la liberté d’expérimenter. Je voulais absolument trouver une association où j’avais la possibilité de troquer ma liberté de voyage contre une liberté d’esprit. Je voulais être sédentaire mais libre. Je ne me suis pas trompée puisque tout en étant au CCO depuis 20 ans, j’ai l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. Avec le CCO nous n’avons pas arrêté de faire des choses différentes depuis tout ce temps, notamment l’occupation de divers lieux. Le CCO est capable de réunir des gens qui viennent d’horizons très différents. C’est cela en particulier qui fait sa richesse. Quand je suis arrivée ici, c’était un vivier de langue. On avait vraiment l’impression que le monde entier se retrouvait dans ce même lieu qui appartient à tous. D’ailleurs, quand les gens parlent du CCO, ils parlent de « leur CCO ». Il y a une sensation de maison commune. Les autres ne sont plus une invention de l’imaginaire fantasmé mais le voisin avec qui on fait culture commune en élargissant le champ des possibles en ouvrant son esprit pour comprendre et vivre avec eux, quelles que soient leurs différences. La reconnaissance de chacun et l’estime de soi passe par ces regards croisés “fertiles”. Le fait que chacun soit là et accepté dans sa diversité, c’est ce qu’on appelle ici l’excellence de la rencontre.

Pourquoi s’engager dans cette aventure ?

Personne ne s’engage dans et pour les mêmes choses mais je pense que le propre du don c’est que plus on partage, plus on augmente son capital, et non l’inverse.

En ce qui me concerne, je m’engage pour ce lieu car il représente une sorte de haut-parleur. Il ne considère pas les situations et les personnes comme des problèmes mais comme des ressources. C’est de là qu’émanent les vraies solutions. C’est un lieu sage où tous les possibles peuvent advenir. Il ne cède pas devant les difficultés. Pour autant, le lieu n’est pas le centre puisqu’il existe par les liens qui se tissent autour de lui. Si demain nous changeons à nouveau de lieu, ce n’est pas grave puisqu’on conservera toujours ces liens. Je pense que chacune des personnes qui occupent le lieu est en recherche de sens, d’engagement voire de militantisme pour certains. Il y a un commun d’engagement, de sensibilité et d’amour des gens qui fait la force de ce lieu. J’ai aussi un rapport particulier avec le CCO car même si j’ai apporté, j’ai aussi reçu énormément de choses de sa part. Je n’oublierai jamais toutes les expériences vécues, et grâce à lui, je sais pourquoi je suis vivante.

Une définition de La Rayonne ?

La Rayonne est un rayon de soleil qui révèle les capacités individuelles et collectives des personnes.

Les portraits de l'engagement

Fernanda Leite

Qui êtes-vous ?

Je suis directrice du CCO depuis une vingtaine d’année. Dans une autre vie je suis née au Brésil où j’ai fait des études de théâtre. Entre autres, j’ai monté une compagnie avec laquelle je diffusais un art engagé lors d’une période compliquée de dictature au Brésil. À l’époque, on faisait des spectacles de rue pour raconter l’histoire cachée des lieux. On avait un tout autre public que celui des salles de spectacle. J’étais convaincue par la capacité de l’art à ouvrir les horizons et à toucher sensiblement les gens. J’ai pu sentir qu’avec cette compagnie on avait cette puissance-là face à la dictature. On pouvait faire évoluer les regards sur des situations qui semblaient immuables. Mon rapport à l’art vient de cette période-là. Je suis convaincue qu’il y a une énorme capacité d’agir dès lors que l’on touche à l’imaginaire.

Est-ce une spécificité de la culture brésilienne ?

Je ne sais pas, mais mon pays d’origine est en effet un marqueur de différence. Quand on vient d’un pays émergent, on n’attend pas que ça se passe. Tout est à faire. Grâce à ça, finalement, on développe l’esprit d’aller de l’avant et de construire ce qui est nécessaire pour faire changer les choses. On va chercher en nous les ressources nécessaires pour y parvenir. Les gens au Brésil savent qu’ils doivent se débrouiller.

Comment avez-vous rencontré le CCO ?

Je n’avais jamais été salariée auparavant. J’avais toujours été à mon compte et mobile. Mais en arrivant en France, je me suis installée en famille. Je trouvais que la vie sur les routes avec des enfants, ce n’était pas terrible. J’ai donc cherché un endroit stable où j’allais pouvoir m’investir tout en gardant cette sensation de liberté. C’est ce qui m’a profondément plu au CCO, la liberté d’expérimenter. Je voulais absolument trouver une association où j’avais la possibilité de troquer ma liberté de voyage contre une liberté d’esprit. Je voulais être sédentaire mais libre. Je ne me suis pas trompée puisque tout en étant au CCO depuis 20 ans, j’ai l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. Avec le CCO nous n’avons pas arrêté de faire des choses différentes depuis tout ce temps, notamment l’occupation de divers lieux. Le CCO est capable de réunir des gens qui viennent d’horizons très différents. C’est cela en particulier qui fait sa richesse. Quand je suis arrivée ici, c’était un vivier de langue. On avait vraiment l’impression que le monde entier se retrouvait dans ce même lieu qui appartient à tous. D’ailleurs, quand les gens parlent du CCO, ils parlent de « leur CCO ». Il y a une sensation de maison commune. Les autres ne sont plus une invention de l’imaginaire fantasmé mais le voisin avec qui on fait culture commune en élargissant le champ des possibles en ouvrant son esprit pour comprendre et vivre avec eux, quelles que soient leurs différences. La reconnaissance de chacun et l’estime de soi passe par ces regards croisés “fertiles”. Le fait que chacun soit là et accepté dans sa diversité, c’est ce qu’on appelle ici l’excellence de la rencontre.

Pourquoi s’engager dans cette aventure ?

Personne ne s’engage dans et pour les mêmes choses mais je pense que le propre du don c’est que plus on partage, plus on augmente son capital, et non l’inverse.

En ce qui me concerne, je m’engage pour ce lieu car il représente une sorte de haut-parleur. Il ne considère pas les situations et les personnes comme des problèmes mais comme des ressources. C’est de là qu’émanent les vraies solutions. C’est un lieu sage où tous les possibles peuvent advenir. Il ne cède pas devant les difficultés. Pour autant, le lieu n’est pas le centre puisqu’il existe par les liens qui se tissent autour de lui. Si demain nous changeons à nouveau de lieu, ce n’est pas grave puisqu’on conservera toujours ces liens. Je pense que chacune des personnes qui occupent le lieu est en recherche de sens, d’engagement voire de militantisme pour certains. Il y a un commun d’engagement, de sensibilité et d’amour des gens qui fait la force de ce lieu. J’ai aussi un rapport particulier avec le CCO car même si j’ai apporté, j’ai aussi reçu énormément de choses de sa part. Je n’oublierai jamais toutes les expériences vécues, et grâce à lui, je sais pourquoi je suis vivante.

Une définition de La Rayonne ?

La Rayonne est un rayon de soleil qui révèle les capacités individuelles et collectives des personnes.